Arnaud, 23 ans, n’est pas le plus jeune de son équipe, constituée de 5 copains de 18 à 24 ans ! Après une prépa, l’Ecole des Ponts et un semestre à Berkeley, il n’a pas attendu la fin de ses études pour se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat, et Buypacker est né !
Start et Caetera : Arnaud, raconte nous qui se cache derrière Buypacker, quels en sont l’histoire et le concept ?
Arnaud : Buypacker c’est le projet de 4 étudiants, inauguré à Berkeley puis développé à Paris et lancé au mois de janvier 2011. Pendant 4 mois alors que j’étais en échange à Berkeley, je me suis penché sur cette idée, avec la startup Campus Cred. Le concept consiste en fait à adapter Groupon aux étudiants, en y ajoutant une dimension communautaire. On propose des réductions de 50% pour sortir dans des endroits funs, qu’il s’agisse de restos, de bars , de concerts… Pour l’instant nous sommes 5 et nous ne couvrons que Paris mais nous serons très bientôt à Lille, Lyon, Toulouse, Marseille … et à Londres en septembre 2012 !
SEC : Tu t’es impliqué dans l’entrepreneuriat très tôt, alors que tu étais encore étudiant: qu’est ce qui t’a attiré tout de suite dans ce milieu ?
A : Monter ma boite me branchait depuis longtemps. Mon école d’ingénieur ne me poussait pas vraiment dans cette direction… j’ai eu des expériences en stage dans des grosses entreprises mais sans être véritablement conquis. Aujourd’hui mon stage de fin d’études, c’est Buypacker ! Quand je suis parti à Berkeley je me suis rendu compte que monter ma boite n’était vraiment pas quelque chose d’insurmontable. Au contraire, être jeune est un énorme avantage dans le monde de l’entrepreneuriat. Les démarches sont plus simples, les réseaux des écoles sont vraiment intéressants à exploiter et on nous donne facilement plein de conseils. Peut-être qu’on nous fait aussi plus confiance.
SEC : Quelle forme a pris votre communication au lancement de votre entreprise ?
A : Ca a été un échec ! On a récupéré la stratégie de communication testée à Berkeley avec Campus Cred en se disant que si ça avait marché là-bas, ça marcherait aussi en France. On a donc distribué des quantités énormes de flyers dans les écoles, mais à Paris nous n’avions aucun retour. En France les gens sont déjà énormément sollicités par les prospectus et n’y font plus vraiment attention. Et puis le public est plus méfiant, il préfère lorsque la marque lui est recommandée par quelqu’un qu’il connaît. En parallèle on a aussi développé notre présence auprès de réseaux d’associations, on a fait un peu de RP, un peu de réseaux sociaux… Bref, on a fait un peu de tout de manière diffuse au lieu de se concentrer sur quelques canaux. On entend souvent dire qu’il suffit d’avoir un bon produit pour faire le buzz mais c’est faux, ça ne suffit vraiment pas ! La communication c’est vraiment quelque chose de complexe sur lequel il faut prendre le temps de se pencher.
SEC : Qu’avez-vous mis en place en termes de communication pour vous différencier clairement des autres sites d’achats groupés ou bons plans en ligne ?
A : On a voulu donner une dimension plus humaine à notre communication, par rapport aux autres sites d’achats groupés. Pour ça on a fait beaucoup de offline, en se rapprochant des associations d’étudiants, des BDE… Notre discours est plus direct, parce que notre cible est aussi beaucoup plus restreinte. Nos offres aussi sont différentes, car elles ne concernent que les sorties et les loisirs, et elles sont plus accessibles (en moyenne 2 à 3 fois moins chères). Et on a inclus l’aspect communautaire, pour que nos utilisateurs puissent se recommander entre eux des bons plans.
SEC : Votre cible est claire : les étudiants. Niveau communication, comment avez-vous choisi d’aborder ce public déjà très sollicité et pourtant assez difficile à capter ?
A : C’est vrai, c’est difficile mais notre offre séduit quand même ! On insiste surtout sur la présentation de nos offres : il faut qu’elles donnent envie. Ensuite on répète régulièrement notre message dans le même endroit, et ce jusqu’à ce que tout le monde soit inscrit sur le site !! Et puis en étant recommandé par les BDE, avec lesquels on a beaucoup de contacts, ça facilite beaucoup notre communication envers les étudiants. On sélectionne les écoles où prospecter suivant quatre critères : la situation géographique (on se concentre pour l’instant dans le quartier étudiant de Paris : Saint Michel, Sait Germain, Oberkampf), le nombre d’étudiants, la vie associative et la proximité avec les commerces.
SEC : Le réseau, les contacts et associations ont quelle importance dans le développement d’une jeune entreprise selon toi ?
A : Ca joue un rôle fondamental. Personnellement quand je suis arrivé je n’avais aucune connaissance du milieu des startups à Paris. C’est Pierre Vallade (Foursquare), un de mes anciens camarades, qui m’a le premier aidé à rencontrer du monde. J’ai écumé les Apéros Entrepreneurs, les soirées Start in Paris… Ca m’a permis de récolter plein de conseils, de développer mon réseau d’entrepreneurs et aussi un réseau lié au e-commerce. Même si j’ai un peu le moins le temps de participer à ces évènements je suis toujours en recherche de conseils sur les blogs ou ailleurs, et j’en apprends tous les jours !
SEC : Vous prévoyez de vous exporter en Europe d’ici 2012 : pensez-vous adapter votre communication à chaque pays ?
A : C’est sur qu’il nous faudra changer beaucoup de choses, à commencer par le design du site car les petits dessins font vraiment très Français ! On va déjà commencer par la traduction du site en anglais et espagnol, prévue pour la rentrée ! Les étudiants étrangers sont aussi une cible très importante pour nous. Mais je pense que c’est en France que la communication est la plus compliquée : en Angleterre par exemple le produit compte bien plus que la comm’.
SEC : De ton point de vue, quelles peuvent être les barrières qui empêchent les startups de communiquer efficacement ?
A : Pour ce qui est de mon cas particulier c’est surtout le manque de recul qui m’a freiné. Je n’avais aucune expérience en communication donc je n’avais aucune idée de ce qui marchait ou non. Ensuite c’est vrai que le budget comm’ est souvent absent au début, mais on peut faire beaucoup de choses sans débloquer beaucoup de moyens, même si ça dépend bien sur de son domaine d’activité. Aujourd’hui c’est clair qu’il nous faudrait un community manager pour développer une bonne stratégie sur les réseaux sociaux car là encore, avoir un produit « viral » ne suffit pas.
SEC : En termes de communication, quels conseils donnerais-tu à un jeune entrepreneur ?
A : Je conseillerais d’être concentré sur quelques canaux et de ne pas se disperser. Le message doit être très clair, simple et régulier. Et puis il faut toujours travailler à se construire une image de marque. Enfin je dirais qu’il ne faut pas hésiter à se lancer dans la communication très tôt. C’est ce qui nous a permis d’acquérir tout de suite une certaine visibilité, de décrocher quelques articles sympas, de mettre en place des partenariats.
SEC : Pour toi, communiquer rime avec … ?
A : .. être ciblé ! Que ce soit au niveau de ses offres ou de ses publics, il faut toujours avoir un positionnement très clair et très précis pour que la communication soit réussie.






Belle interview !
Je suis d’accord avec toi, entreprendre après les études ça offre beaucoup d’avantages